Indice, index et indexation : le congrès de Lille 2005

Le Colloque « Indice- Index et Indexation » s’est tenu le 3 et 4 novembre 2005 à Lille.
Organisé par les laboratoires CERSATES et GERICO, il a regroupé près de 100 personnes d'après la liste fournie aux participants.

Voici quelques mots sur les interventions auxquelles j’ai participé ; certains ateliers étant en parallèle, seuls les ateliers 1 et 3 sont repris ici.

Compte-rendu établi par Susan Kovacs et Ismaïl Timimi dans  Documentaliste-Sciences de l’information
2006- 3/4 (Volume 43)

Jeudi 3 Novembre – 10h00 CONFERENCE inaugurale – Yves JEANNERET (Paris-Sorbonne)
L’indice révèle, traduit, dénonce quelque chose ; il désigne. L’indice a un lien de continuité (fort) avec la cause : les traces de pas, les noms propres, la girouette, le doigt pointé, …
C’est ce qui fait sa distinction avec l’index. L’index lui, « porte l’attention sur », met en évidence, il rend visible, mais son lien avec la cause est plus distant. Quant à l’indexation, elle correspond à l’institutionnalisation de cette pratique.
L’indice serait la sémiotique du naturel », l’index/ indexation la sémiotique du culturel.
Note : voici des traces de ce qui s’est dit, riche en référence, en argumentation.
[Bio et parcours d’Yves Jeanneret : http://www.celsa.fr/recherche/jeanneret.htm]

Atelier 1 – Relativité historique et culturelle de l'indexation – modéré par Michèle GELLEREAU (Lille3)
* AIT EL MEKKI Touria & NAZARENKO Adeline – Histoire et avenir des index de fin de livre (Paris Villetaneuse)
Ayant développé une méthode et un outil d’aide à la constitution automatique d’index de fin de livre, les auteurs se sont intéressées aux pratiques actuelles dans ce domaine en France ("piètre qualité, peu nombreux, peu usité" !), ainsi qu’à l’histoire de ces index de fin de livre, de leur présence depuis l’Antiquité mais aussi de leur forme : d’une liste de phrases, à ce que nous connaissons aujourd’hui en se démarquant progressivement des autres outils dont les tables des matières plus particulièrement. L’intervention fort riche intégrait un panorama des fonctions proposées par les différents outils d’aide à la création et à la visualisation d’index disponibles sur le marché.
[Adeline Nazarenko : http://www-lipn.univ-paris13.fr/~nazarenko/, Touria Ait El Mekki : http://www-lipn.univ-paris13.fr/~aitelmekki/]

* KOVACS Susan & DIBIE Ghislain – Etudier la notion d'index dans le contexte historique de l'édition des textes littéraires : une ligne de conduite pour l'indexation à l'ère numérique ? (Lille3)
Comment les outils d’indexation modernes déployés autour des documents numérisés pour les besoins des chercheurs, donnent-ils une image parfois éloignée des contextes originels de la production et publication des textes ! Les auteurs argumentent leur hypothèse en s’appuyant sur l’étude de corpus d’éditions et rééditions d’ouvrages publiés entre les XVII et XVIIIème siècle.
Note : les acteurs de la fouille de texte et de bibliométrie établissent des critères d’évaluation des biais des traitements qu’ils infligent aux documents. Comment évaluer les biais du travail de construction d'index ?

* COURBIERES Caroline & COUZINET Viviane – Du bleu horizon à l'horizon documentaire : représentation des connaissances à l'aube de la construction européenne (Toulouse3)
Voilà un titre certainement incompréhensible à ceux qui n’étaient pas présents ! Les auteurs nous exposent une étude intéressante qu'elles conduisent, sur le thème de la prédétermination sociologique des outils documentaires – ici les classifications, et de la conservation (ou non) au fil du temps et des évolutions nécessaires de ces outils, des liens avec le projet d’origine. L’exemple est tiré de la représentation de la notion de paix et de guerre dans la CDU entre les trois versions abrégées en langue française de 1958, 1986 et 1998. 

14h15 CONFERENCE – Daniel JACOBI (Avignon) – La signalétique conceptuelle entre topologie et schématisation : le cas des parcours d'interprétation du patrimoine
Voilà un signe bien particulier qui vise à orienter l’utilisateur : la signalétique dans le secteur du patrimoine ou des musées. Cette signalétique a un statut particulier par rapport aux autres outils utilisés dans ce domaine culturel que sont les cartels (étiquettes) et les panneaux. Nous voilà partis sur les routes d’Avignon ou d’Arles pour étudier le rôle de cette signalétique dans le paysage urbain : pointer pour attirer l’attention. Avec des difficultés particulières : dénommer pour être accepter par tous, allier le réglementaire (sécurité) et le créatif (identité visuelle), tenir compte du contexte et surtout de tous les autres systèmes de signalétique de la voirie. Quelques photos bien réelles ont fait rire l’assemblée ! Les critères de qualité de cette signalétique peuvent être considérés comme communs à d’autres systèmes d’orientation : pertinence, discrimination, univocité et suggestivité.
Note : Ce dernier critère, peu cité pour ne pas dire jamais, devrait être résolument intégré dans tout autre dispositif de même nature : donner envie de lire avec des index suggestifs !

Atelier 3 – Schéma, structure et index – modéré par Marc VENDEUR (ULB)

* REGIMBEAU Gérard – Cas et figures en indexation de l'art contemporain (Toulouse3)
La problématique de l’indexation des images et plus précisément de l’art contemporain, expliquée et argumentée à partir d’exemples et d’études conduites depuis plus de 10ans sur ce domaine par l’auteur.

* COTTE Dominique – La structure comme index (Lille3)
Tant que les documents étaient fabriqués manuellement, l’indexation relevait d’une pratique extérieure à cette fabrication. Les documents numériques structurés sont, quant à eux, porteurs  de façon intrinsèque d’éléments de description. Les évolutions récentes des sites de certains journaux permettent de rendre compte de cette nouvelle réalité.

* GHARSALLAH Mehdi – XML et la linguistique au secours de l'archivage du web. Une analyse du projet Watson de la BNF (Paris8)
Présentation du projet Watson de la BNF visant à mettre en œuvre le « dépôt légal du Web ». Le problème posé par l’absence de dépôt légal sur le Web rejaillit sur le corpus à traiter : comment reconnaître automatiquement la « nationalité » d’une publication ! Ni la langue ni le nom de domaine ne sont des preuves pertinentes. Le projet que mène la BNF s’appuie entre autres, sur la structuration des documents XML et des traitements linguistiques évolués (Lingway).

La deuxième journée, à laquelle je n’ai malheureusement pas pu
participer, m’a semblée tout aussi intéressante.
Et nous attendons avec
impatience la parution des actes aux éditions de l’ADBS…

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