Ideastore Whitechapel : visite à Londres

<p><p><p><p>Ideastore Whitechapel : visite à Londres</p></p></p></p>

Ideastore : médiathèque, centre de formation, centre culturel, centre de ressources pédagogiques, centre d’information et de documentation, … tout cela à la fois…

1976 : ma première expérience avec une bibliothèque anglo-saxonne. La lecture des revues
spécialisées se faisait
confortablement installés sur des poufs à
l’entrée de l’étage réservé à la
Chimie à la BU de l’Université d’El Paso-Texas…. A
côté des BU françaises qui, à l’époque, ouvraient
timidement leurs fonds, pardon leurs collections, aux étudiants des premières années, cela m’avait
paru magique….

Depuis lors, je suis
les évolutions des
bibliothèques (publiques)

Le duo « information/formation » : une piste très pertinente pour amener le plus grand nombre à la connaissance, via des activités pédagogiques, culturelles et de lecture…

Une
donnée de contexte
: Londres compte plus de 7,6 millions d’habitants (contre
2,1 millions pour Paris) pour une agglomération d’environ 12
millions
d’habitants (pour 11 millions pour Paris). Le district de Tower Hamlet  où se situent les 4 Ideastore complétés par 4 médiathèques, correspond à 200 000 habitants, soit un peu plus que le 18ème arrondissement de Paris
qui propose 4 médiathèques de lecture publique.

Ideastore à Whitechapel à Londres

Jour de marché, et
jour de petite pluie
irrégulière !

Et pour ceux qui connaissent le
Marché de Belleville (Paris) ou
de Clichy, c’est l’étonnement devant les étals de fruits
et légumes aussi bien rangés !

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http://www.flickr.com/photos/cactusbones/sets/866160/

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http://commons.wikimedia.org/wiki/Image:Whitechapel_Market.jpg

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Extrait de la vidéo sur Flickr
Remarque : Interdiction de photographier avec des personnes visibles …. 
 

Ideastore,
lieu de lecture et
d’information….

Des chaises ou des divans au milieu
de rayonnages accessibles sans escabeau, des petites tables avec prises
ou ordinateurs réparties sur l’ensemble des espaces…et des
livres (c’est pour ceux qui douteraient de la présence des livres) ….

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Les divans …indispensables en fin de journée…

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photos – SylvieDalbin, déc2007

Et puis une caféteria au dernier étage avec vue sur Londres, des
jeunes et des moins jeunes à chaque étage, assis deci,
delà, une ambiance douillette même,… Bref, une médiathèque bien achalandée et agréable.

D’autres photos, prises par des bibliothécaires français lors d’une visite à ce même Ideastore en 2006.

Ideastore,
lieu d’éducation et d’infodoc sur les formations et les métiers ….

Avec la
médiathèque comme lieu de ressources pédagogiques en puissance, un
catalogue de programmes de formation diversifiés et des labos de
formation de tailles variées, à chaque étage,
Ideastore est aussi « centre de formation ».

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Au menu :

Get starting with Thai
Cooking,
Get starting in Holistic Massage,

Family Fun –
Online Games

Family Fun – Using the Web,

Jazz Vocal Workshop
Get starting with Facebook
Improve your
Digital Videos with Titles and Text

Improve your Patchwork

Get
started in Bengali,

ou encore Brush up your French for Hollidays.

The best – La première formation proposée en Informatique
est l’ECDL, en français le PCIE (Passeport
de Compétences
Informatique Européen)
.
Tiens justement le système qui n’a pas été choisi par l’Education nationale
en France
.

 

 

 


En lecture rapide, on a l’impression d’avoir dans les mains, un
catalogue « classique » de formation, type Cours Municipaux d’Adultes (CMA de Paris).  Rapide coup d’oeil sur le sommaire des deux catalogues…

CMA de Paris
Enseignement général

Langues
Entreprise
Informatique
Outils de bureautique : voir
Entreprise.

Techniques industrielles
Métiers de l’artisanat
Arts appliqués et
métiers d’art

Ideastore
Art and Design
Business and Finance
Car Maintenance
Community development
Construction
Cookery
Dance
ESOL (English for speakers of other languages)

Family Learning
Fashion
& Textiles
Health & Fitness
Health at Work
Holistic Health and Wellbeing (!)
IT & Computing
Languages
Music
Photography
(Index !)
 

Ideastore a une approche « sujets » avec au sein de chacune des rubriques, des propositions de différents niveaux d’apprentissage : du Get starting jusqu’au diplôme national. Je me plonge dans une lecture plus fine de ce catalogue (de formation) pour y découvrir plusieurs spécificités :

  • des formations qui touchent les individus pour eux mêmes, leur
    bien-être. On se rapproche ici plus des activités
    proposées traditionnellement par des associations locales
    (dites en Fr, activités culturelles) :
    danse, cuisine, photographie, musique, …
  • des activités et des formations qui touchent les familles. Toutes
    les formations qui appartiennent à la rubrique
    « Family  Learning » en art, informatique, photographie,
    santé, cuisine, … sont totalement gratuites
    (1 adulte=1 enfant).
  • L’offre s’étend jusqu’à la
    préparation à un métier, rattachée de façon officielle et formelle au dispositif national.
    L’accompagnement des personnes se fait sous l’entremise d’Ideastore (probablement
    avec des personnes issues de cet environnement de l’enseignement).

Il me semble que ce qui
fait la grande force de ce
dispositif, c’est l’articulation dans un même espace, facile d’accès pour les personnes :


  • de dispositifs à la fois de formation, d’information, de documentation et de culture (voir commentaire du billet de Bibliobsession), la lecture étant un des composants de la culture ;

  • d’activités pour le citoyen sur les plans culturel (et social) et
    d’entrée dans la vie professionnelle ;

  • d’approches variées : individuelle, en petit groupe ou familiale

    (d’où les labos dans
    Ideastore à chaque étage) – les pédagos savent
    bien que la palette des modalités de formation (dont
    l’autoformation, mais pas que cette modalité) doit être judicieusement
    proposée.

Le tout en partant du citoyen dans
son environnement de vie (nb: les formations ne se font pas toutes sur place, bien sûr).


Ce lieu est ainsi utilisé pour accompagner les individus
dans tout ce qui touche à la « formation tout au long
de la vie », pour amener des personnes
qui pourraient être éloignées des dispositifs traditionnels d’enseignement
vers les dispositifs nationaux, mais avec une approche qui me rappelle
plus les principes de l’éducation populaire, avec des voies moins
formelles que les dispositifs traditionnels et en proximité plus forte avec les populations.

Ce serait une erreur que de vouloir limiter ce lieu à une bibliothèque (Eglise Bibliothéconomique ou Temple de la culture élitiste). Et je ne suis pas d’accord avec Bibliobsession lorsqu’il nous dit : « on ne fait que renommer la bibliothèque pour mieux l’intégrer dans le tissu urbain » ; encore moins d’accord avec le commentaire sur ce même billet sur l’aspect mercantile des Ideastores qui doivent avoir un coût important pour le District.

Idea Store me semble correspondre à un lieu pour la communauté composé entre autre d’une bibliothèque judicieusement intégrée dans un ensemble qui paraît unique et cohérent aux utilisateurs.
L’analyse qui est faite du concept d’Ideastore devrait intégrer ces autres lieux d’information, de documentation et de formation qui couvrent
pour partie le périmètre des Ideastores. Mais à l’inverse, il ne faudrait pas voir les Ideastore comme des concurrents de ces autres lieux, qui continuent d’exister. En se donnant comme priorité la proximité avec les Citoyens et en se centrant sur les individus et leurs besoins, l’objectif est plus de constituer un relais, un espace d’échanges pour assurer ce rôle d’accompagnement dans de bonnes conditions. C’est le principe d’un portail qui fédère des ressources après les avoir sélectionnées et éventuellement les avoir retravaillées pour être adaptées aux publics visés ! Le portail, qui peut avoir une offre en propre (d’où le catalogue de formation et les activités culturelles proposées), ne se substitue pas  à chacune des ressources dont il offre l’accès …

Je ne comprends toujours pas en quoi partir des besoins des citoyens seraient une hérésie ! Je ne vois pas en quoi la situation totalement éclatée qui est la nôtre en France serait plus intelligente ou pertinente : des dispositifs en pagaille : ceux de l’Education nationale, des collectivités locales ou
territoriales, ou encore des ministères et
associations en fonction de leurs compétences – famille, handicapé, femme, chomage, santé,…..
et
pour ces derniers (les associations), irrégulièrement ou mal lotis, et de fait souvent fragiles alors que ce sont ceux qui sont le plus sur le terrain. Bref un éclatement des idées, des moyens, des ressources.
Et surtout une vraie galère pour les personnes que l’on ballade d’un lieu à un autre, pour ceux qui acceptent de se lancer sur ce terrain de bataille. Sur ce point, l’article sur Ideastore de Wikipedia l’indique bien :

« l’étude constate que 61 % des gens interrogés fréquenteraient
d’avantage les bibliothèques si ils pouvaient y combiner d’autres
activités »

De ce que j’en ai vu à Londres, le côté Bibliothèque en lui-même ne semble pas particulièrement novateur (en dehors de la multitudes de postes informatiques, des divans, des horaires, des bornes automatiques d’emprunt ou de la cafétéria, peut être ;-). Quant aux autres fonctions que j’ai pu repérer à Ideastore, d’information et d’accueil, d’orientation ou de formation, et les modalités
de médiation/accompagnement associées à ces dispositifs, ce sont celles que l’on trouve traditionnellement dans les centres d’orientation, d’information et de documentation et certaines associations de quartiers. Un monde certes peu connu des bibliothécaires français, mais où se sont déployés les métiers de conseiller en orientation ou en formation, et bien sûr de documentaliste, une spécificité française pour le métier de « librarian ».
Une lecture transversale à ces différentes catégories de dispositifs, décentrée par rapport aux seules bibliothèques à la française, serait selon moi plus pertinente*.

Et ceci explique bien sûr la présence d’autres catégories de personnels qui ont les compétences requises pour ces fonctions, d’autant plus si le point focal de ce dispositif est l’accueil des personnes et leur orientation dans le « monde de la connaissance », plutôt que de limiter la fonction d’un équipement au choix d’un bouquin sur étagère (là, je ne suis pas gentille). Sur le plan des personnels, la question est donc de pouvoir (et vouloir) travailler de concert avec d’autres catégories de personnels dans un même équipement, et non pas de transformer radicalement le métier de bibliothécaire.

Pour donner un avis, je dirais que ce regroupement orientation – formation – information – culture au sein des Ideastores me
semble
… exemplaire.
N’ayons pas
peur des mots !
Car tout en étant somme toute limité (ce n’est pas gigantesque, justement pour ne pas faire « peur »), ce dispositif me semble un maillon indispensable dans le paysage de la culture et de la connaissance.

La journée d’étude
à la BPI en 2005
avait montré à travers
des réalisations en France entre
bibliothèques et
associations locales (APP et médiathèques à Lille par exemple)
que ce type d’approche mixte pointait en France. Mais ces constructions, très intéressantes, semblaient
fortement liées aux personnalités des uns et des autres, sans moyen à la mesure des projets et sans une politique affirmée a minima territoriale. Du
reste, le résumé proposé sur le site de la BPI ne
reprend absolument pas ni le titre même de la journée ni les thèmes abordés dans la
journée (j’y étais ;-), et limite grandement l’apport et le rôle des
bibliothèques à ce qui se fait aujourd’hui (en particulier à la BPI) :
l’autoformation. Mieux que rien, me direz-vous.

Ideastore, lieu d’apprentissage, de vie de la communauté et d’activités, centré
sur la « connaissance » … mais aussi le livre comme le
précise Richard Wallis, bibliothécaire d’un des Ideastore
dans un entretien disponible en ligne sur Talis (site absolument
recommandé).

————-
*
Sur ce point je ne suis pas favorable à l’idée exposée dans le mémoire
de X.Galup
(sous la direction de Dominique Lahary) de penser cette offre dite
non-documentaire (activités culturelles et formation) comme une
évolution des bibliothèques. Cette offre et ces équipements existent
déjà, avec une histoire, des hommes et des femmes, des métiers et des
compétences… Il me semble que les services éducatifs ou culturels
proposés par les bibliothèques devraient s’articuler avec ceux proposés
par d’autres structures. C’est donc plus à un réaménagement de ces
différents dispositifs, prenant en compte cet existant et centré sur
l’individu, auquel il
faudrait s’atteler.
L’usage co-créateur des services en bibliothèque publique : l’exemple des services non-documentaires, Galaup, Xavier. Diplôme de Conservateur de Bibliothèque, Bibliothèque Municipale de Mulhouse, Ecole nationale supérieure des sciences de l’information et des bibliothèques, 05 February  2007.
 http://memsic.ccsd.cnrs.fr/documents/archives0/00/00/04/28/mem_00000428_02/mem_00000428.html

 

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Le mot-clé


Note sur la notion de mot-clé pour la recherche d’information.

Création : le 17 septembre 2005
Mise à jour : le 19 septembre 2005


A la question posée  « quelle(s) compétence(s) doit posséder un utilisateur ayant un besoin d’information et souhaitant formuler une question à un système documentaire », un collègue terrain annonçait durant un stage de formation de formateur auprès de bibliothécaires et documentalistes : «les utilisateurs du Centre en fait ne savent pas ce que veut dire mot-clé ».

Voilà une compétence rarement formulée et pourtant si essentielle !

Le sens attribué par les documentalistes se rapporte souvent à l’indexation des documents :

« Terme choisi généralement dans le titre ou le texte d’un document
pour en caractériser le contenu et en permettre la recherche. Il
constitue un point d’accès. Il est à distinguer d’un descripteur, qui
est un terme normalisé dans un thésaurus. (Vocabulaire de la
Documentation, ADBS Editions, 2004)

« Keyword : significant term found in a document, in its title or in an
abstract, which identifies subject content » (in Concice dictionary of
Library and Information Science, Stella Keenan, Bowker Saur, 1996)

Mais, formulée selon le point de vue de l’utilisateur dans une phase de recherche :
« C’est à partir des termes porteurs du sens requis (les mots clés) que la question est posée » (*, p.152)

Ce n’est donc pas seulement « taper quelques mots » !!

Mais comment faire pour choisir ce ou ces mots qui serviront de clé(s) ?
Comment éliminer les intrus ? (*)
Et comment faire pour acquérir cette compétence ?

Le Web et les moteurs de recherche ont modifié le contexte et les exigences de la recherche d’information, et si les méthodes à employer sont différentes de celles édictées dans les règles professionnelles (champs contrôlés d’une base de références bibliographiques), elles ne le sont qu’en partie seulement.

En effet, l’étape initiale qui consiste à réfléchir et identifier les mots-clés distinctifs par rapport à son besoin d’information, reste identique et normalement indépendante de la 2ème étape manipulatoire qui porte sur le choix définitif du ou des termes utilisés pour le système informatique.
Les précisions apportées dans un article de la Commission Français et Informatique** sur les difficultés liées à la 1ère étape en pédagogie et sur la notion de mot-clés, sont éloquentes et très intéressantes.

Quant à l’étape suivante de sélection des « bons » termes vis-à-vis du système, favoriser l’apprentissage des compétences nécessaires à un usage intelligent de chacun de ces dispositifs me semble plus efficace, plutôt que d’imposer à tout prix un modèle unique de recherche d’information : celui de la base bibliographique, comme semble le suggérer Marc Duval dans son article sur les mots clés***.

Entre autres, la compétence de fouille dans un lot résultat s’appuyant sur les outils de catégorisation proposés me semble tout aussi intéressante à acquérir, que la compétence de sélection d’un « bon » mot clé, ou (pire?) celles liées aux syntaxes et ergonomie variées pour formuler la question, mis en œuvre dans les systèmes documentaires informatisés.
Des compétences techniques, manipulatoires comme le suggère Mr Fondin dans son dernier article sur le sujet****, plutôt que des compétences liées à la signification (« le mot-clé concentre le sens »**)

Les pratiques liées aux outils du Web vont se développer ; l’Internet/Intranet mobilise d’importantes « masses et flux » d’usagers et d’usages. Aussi me semblerait-il plus judicieux que les professionnels de l’infodoc intègrent positivement dans les projets de formation mais aussi de conception des dispositifs documentaires, ces modèles ou des modèles dérivés, en faisant la promotion du mot-clé, indispensable dans les 2 modèles de recherche.

SD
—–
* L’analyse documentaire, Suzanne Waller, ADBS Editions, 1999
**  La notion de « mot-clé » et sa difficile application pédagogique, Commission Français et Informatique, [2000], http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/motcle/motcle.html
*** Le mot-clé, Marc Duval, Dernière mise à jour 2002-01-08, http://www.dsi-info.ca/mot-cle.html
**** La formation à la recherche d’information : préoccupation citoyenne ou vision obsolète?, Hubert Fondin, Revue Esquisse, p.16-25, http://www.aquitaine.iufm.fr/recherche/esquisse/pdf/esquisse43.pdf